Bonjour à tous, aujourd'hui, je laisse la plume à l'une de nos membres pour un article "santé du cheval" au sujet de la dermite estivale !

CAVALIERS, CAVALIERES, PROPRIETAIRES D’EQUIDES  

Je souhaitais vous faire partager quelques connaissances sur une maladie équine prénommée  Dermite Estivale, véritable fléau dont est atteint à mon grand désespoir ma jument. 

J’espère que ces quelques lignes vous apporteront éclaircissements et solutions.

Bonne lecture à vous… 

dermatite estivale
source

Par quoi se caractérise un début de dermite estivale chez un cheval ?

Bien que connue sous différents noms - dermite estivale, dermatite estivale, dermite estivale récidivante des équidés (DERE), démangeaisons d'été - la cause et les symptômes de la maladie sont les mêmes. C'est un problème qui touche des milliers de chevaux, poneys et ânes dans de nombreux pays du monde. La dermite estivale (ou la dermatite estivale / DERE) est plus qu'une simple irritation de la peau pour les équidés : C'est un fléau qui rend la vie insoutenable.
Les animaux atteints développent une hypersensibilité ou une réaction allergique aux protéines (en fait anodines) présentes dans la salive des moucherons, ce qui déclenche une réaction excessive du système immunitaire du cheval . Le cheval réagit "par erreur" en attaquant ses propres cellules de la peau là où il a été piqué par le moucheron, ce qui provoque des démangeaisons. Comme toutes les formes d'allergies, la dermite est très difficile à traiter.
Quand un cheval développe les symptômes de la dermite estivale, en règle générale il est condamné à souffrir de ce fléau pour le restant de ses jours pendant les périodes à risques. Avec le réchauffement de la planète, la saison aurait tendance à se prolonger, et il y a même des régions où les chevaux n'ont pas de période d'atténuation de la maladie avant que le cycle ne recommence.

queue abimée
Il manque des crins à la base de la queue, c'est un signe !

Quand et pourquoi ?

La recherche a montré que la maladie avait tendance à se manifester pour la première fois entre 1-5 ans et à l'automne, mais les symptômes peuvent commencer quand le cheval est plus âgé.
Les raisons pour lesquelles elle commence ne sont pas encore connues, les recherches continuent pour mieux comprendre. Ce qui est sûr et certain, c'est que l'environnement, le climat, le nombre de moucherons, ainsi que le stress (dû à des maladies graves, blessures graves, changements de propriétaire et/ou de région) sont responsables, en partie, du déclenchement de la dermite estivale. L'importance et le rôle de la génétique dans le développement de cette maladie est moins bien compris.

Les symptômes

Les piqûres de moucherons provoquent des démangeaisons intenses. La crinière et la base de la queue sont les parties du cheval les plus affectées. Malheureusement, sans soins préventifs la maladie s'aggrave chaque année et les démangeaisons peuvent s'étendre aux autres parties du corps. Des lésions peuvent être observées sur le garrot, la croupe, les hanches, le dos - ligne du dessus, la tête, les oreilles, les membres, le fourreau, les mamelles et la ligne ventrale.
La peau s'écaille et s'épaissit, se plisse, se recouvre de pellicules, cela s'accompagne d'une chute des crins, des poils, ainsi que de plaies croûteuses qui peuvent saigner et suinter un sérum. Il pourrait y avoir perte des poids.
Sans traitement, ces plaies peuvent devenir une source d'infection et intensifier les démangeaisons.

crinière inégale et peau épaissie
La crinière inégale et la peau "épaissie" près du garrot : un autre signe !

Symptômes de comportement


* Le cheval se gratte sur n'importe quel objet à sa portée, parfois frénétiquement et jusqu'au sang. Même dans un enclos à clôture électrique et sans objet pour se gratter, les chevaux atteints sont très imaginatifs et peuvent se gratter la crinière avec les sabots postérieurs et se mordre la queue, ainsi que le ventre et les membres. Certains peuvent s'asseoir comme des chiens et se propulser en arrière à l'aide de leurs membres antérieurs pour se gratter la croupe, la queue et le ventre sur le sol.
* Le cheval s'agite, en remuant sa queue vigoureusement.
* Il se roule souvent.
* Les bâillements sont répétés.
* Il secoue la tête.
* Il demande fréquemment à ses compagnons de le toiletter.
* Il n'est plus à l'aise et souvent fait " les cent pas ", surtout pendant les périodes où les moucherons sortent, ceci pour tenter d'éviter ses agresseurs.

Symptômes psychologiques

A cause des symptômes et de la nature de la maladie - prolongée et récidivante - il peut y avoir un changement radical dans le tempérament du cheval qui tend à devenir impatient, agité et peut manquer de concentration. Il peut également être déprimé et léthargique.

culicoide
Culicoïde après le repas...

Les coupables

Plusieurs membres de la famille Culicoides sont à l'origine de la maladie.
Le moucheron Culicoide est minuscule (envergure: 2mm ) mais agressif et inflige une piqûre douloureuse. Ces moucherons ne peuvent pas voler très loin ni très longtemps: au maximum 100 mètres. Ainsi leur habitat et lieu de reproduction se trouve à proximité des chevaux. Ils volent en nuée qui peut être immense et nombreuse quand les conditions sont optimales. Ils trouvent leurs proies à vue et piquent à l'endroit où ils atterrissent sur le corps du cheval (ils ne rampent pas).

En période de repos, les herbes et la végétation longues, les haies, et les arbres constituent leur habitat favori. Ils se reproduisent dans les endroits humides, dans le sol ou sur la végétation en décomposition.
Les mâles sont végétariens et inoffensifs, mais les femelles ont besoin d'une certaine quantité de sang nécessaire à la maturation des œufs.
La lumière et l'humidité de la rosée du crépuscule et de l'aube leur conviennent parfaitement, et c'est à ces périodes de la journée qu'elles sont les plus actives. Elles ne volent pas bien et aiment le calme, elles ne sortent pas par temps de fortes pluies ou de vent, ATTENTION ! elles attendront d'autant plus impatiemment le moment de se nourrir ! De même, les moucherons se nourrissent à n'importe quel moment de la journée si le temps est calme et couvert, dissipant ainsi le mythe que les chevaux allergiques peuvent être laissés dehors sans risque dès lors qu'ils sont rentrés à l'écurie au crépuscule et à l'aube.
Si la température, l'humidité, et la lumière (la pleine lune) sont optimales, les moucherons seront de sortie même pendant la nuit.

Les Culicoides peuvent voler et se reproduire dès que les températures atteignent 12°C. Ainsi la saison de la dermite estivale (ou de la dermatite estivale) peut commencer dès le mois de février et durer jusqu'au mois de novembre, voire plus tard en cas d'hiver très doux. Le nombre de moucherons est aussi directement lié aux conditions météo : une alternance de pluie et de soleil favorise la reproduction et augmente les populations. Les moucherons peuvent survivre à des températures très basses, mais pas à une sécheresse prolongée. Voilà pourquoi période à risque et la gravité de la maladie peuvent varier d'année en année car le nombre de moucherons détermine l'ampleur du problème.

D'autres espèces de mouches peuvent aggraver la situation et rendre la vie du cheval atteint encore plus insupportable : le Simulium equinum, membre de la famille des mouches noires (piquent le cheval autour des oreilles), les moustiques, les taons et la mouche Stomoxys calcitrans (qui se trouvent souvent dans ou près des bâtiments et piquent le ventre et les membres). 

dermite estivale
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Conclusion

A tous les cavaliers et propriétaires de chevaux  atteints de Dermite Estivale : Courage et surtout ne baisser pas  les bras, il en va de la santé et de la qualité de vie de votre protégé, et surtout de son état psychologique. Nous leur devons bien cela compte tenu de tout ce qu’ils peuvent nous apporter. Il n’y pas pas de traitement radical pour éradiquer cette maladie ou plutôt allergie, mais des solutions existent pour soulager et en diminuer les effets.

Pour ma part, j’ai pu tester de nombreux produits vendus dans la commerce, mais dont les effets sont moindres, sauf pour votre porte-monnaie.

Les meilleurs remèdes, j’ai fini par opter pour l’utilisation de l’homéopathie et des huiles essentielles (inoffensives pour l’organisme), ainsi que le port d’une couverture adaptée afin de soustraire ma protégée des attaques des insectes. 

C’est ainsi que ma jument a pu retrouver sa joie de vivre. Et moi aussi.  

 

Une Cavalière…