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Dimanche 2 mars, l'association proposait un stage d'équitation avec Laurent Mézailles, insctructeur titulaire d'un brevet d'état du 1er degré et d'un brevet d'équitation éthologique du 3ème degré. Il met en avant l'importance de prendre en compte le cheval dans sa globalité (psychologie, locomotion) pour respecter autant son physique que son mental.

Le stage, intitulé "équitation et locomotion du cheval" se déroulait en plusieurs parties : un temps théorique le matin suivi d'un travail au sol puis un travail monté ou en main l'après-midi selon les choix des stagiaires. Cette journée était également ouverte aux auditeurs libres désireux de faire connaissance avec Laurent et son travail.

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Pendant la partie théorique, nous avons pu revoir ensemble un certain nombre de définitions et nous sommes principalement arrêtés sur la distinction entre les équitations de travail et l'équitation classique.

Les équitations de travail sont des équitations utilitaires où le cheval est un outil. L'animal est de morphologie courte et on ne construit pas sa locomotion sauf conditions particulières, on ne s'occupe pas de l'équilibre (modifier le centre de gravité), on n'a pas besoin de travailler l'allongement : pour aller plus vite, on passe à l'allure supérieure. Tous ces éléments vont déterminer le type de dressage et d'équitation. Ce sont des équitations très basées sur l'arrêt : elles commencent toutes par désengager les chevaux et les arrêter. Elles s'intéressent donc à baisser l'énergie du cheval dans un 1er temps puis cherchent l'expertise dans la maniabilité.

Au contraire, en équitation classique, on ne cherche pas à désengager le cheval (attitude qui fait que le dos ne fonctionne plus ; par exemple hyperflexion de l'encolure, relevé l'encolure très haut, appliquer des procédés non physiques mais psychologiques baissant l'intensité du cheval) ni à travailler sur la baisse d'énergie mais on travaille le contrôle de cette énergie selon l'objectif. Sa flexibilité est importante et on cherche des variations dans les allures.  On a besoin de varier la position du cavalier, de réaliser une construction de la musculature du cheval. On ne peut pas travailler de manière optimale l'ensemble de ces capacités avec un cheval court.

Pour le cavalier, il peut être intéressant d'expérimenter ces deux équitations tant pour l'ouverture d'esprit que pour faire un choix. En revanche, pour le cheval, il peut être compliqué de passer de l'une à l'autre...

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Nous avons ensuite abordé la notion d'engagement. L'engagement des postérieurs n'existe véritablement que dans le rassemblé (abaissement des hanches). Pour toutes les attitudes horizontales, c'est la charnière dorso-lombaire qui fait l'engagement (qui est donc lié à la mobilité du dos). Se baser sur les traces ne peut être qu'un critère intrapersonnel (un cheval par rapport à lui-même) mais jamais interpersonnel. En effet, selon la morphologie du cheval, on pourra n'avoir aucun engagement chez un cheval qui se méjuge et un bon engagement chez un cheval qui se déjuge. De plus, on notera qu'au rassemblé le cheval n'est plus dans ses traces...
Un cheval juste, ce n'est finalement pas un cheval qui s'engage ou pas, c'est multifactoriel. Le fonctionnement locomoteur est juste quand son impulsion, sa cadence, son amplitude et son attitude sont en cohérence avec l'exercice demandé (chaque donnée étant à traiter dans cet ordre-là).

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- L'impulsion : c'est l'énergie du cheval disponible pour le cavalier (désir naturel ou acquis du cheval de se porter en avant à la moindre demande du cavalier). Donc un cheval qui galope dans le pré a de l'énergie mais en aucun cas de l'impulsion. Cette notion est très lié à la soumission au sens classique du terme c'est-à-dire le fait de pouvoir disposer des forces du cheval. Il faut dépenser l'énergie qui va nous servir pour l'exercie. Pas plus, pas moins. Si on a trop d'énergie, le cheval travaille avec des muscles en opposition (il ne relâche pas pour faire passer le mouvement).

- La cadence : c'est la mesure régulière qui sépare le temps de 2 foulées. Si on élargit un peu : à partir du moment où on a un cheval dans une cadence régulière, on a le respect de l'inné locomoteur (les battues bien marquées pour chaque allure). En cas d'imperfection, on va donc se caler sur le membre le plus lent pour respecter l'inné locomoteur d'un cheval et bien souvent, on va devoir ralentir la cadence au pas et au trot.

- L'amplitude : c'est la taille de la foulée.

- L'attitude : c'est la position de la tête, du garrot, etc. (par exemple pour obtenir un allongement on ne peut pas tenir la tête du cheval qui va devoir s'étendre).

- La cohérence : pour les chevaux, la plus grande des douceurs c'est d'être cohérent !

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Au XIXème, le Général L'Hotte disait : "Le cheval est calme, en avant et droit". C'est toujours d'actualité !

- Calme : c'est le côté psychologique : la cohérence, la compréhension mais aussi la décontraction qui amènera le relâchement puis la mobilité.

- En avant : cela détermine l'énergie, l'impulsion mais aussi l'équilibre.

- Droit : c'est le travail sur la symétrie musculaire.

Calme :
Dès qu'un cheval n'est pas bien, en raison d'un stress physique ou psychologique, il sort de son innée locomoteur en augmentant son rythme (au-dessus de sa cadence) or souvent les gens confondent l'impulsion et la cadence... Au contraire, un cheval calme n'est pas un cheval qui ne bouge pas mais un cheval qui a de l'énergie disponible pour le cavalier. De même, se mettre debout et ruer est un comportement normal pour un cheval : s'il fait ça, soit c'est que je n'ai pas été capable de dire correctement ou qu'il a une douleur physique et c'est plutôt sain qu'il réagisse ! (Remarque : les pathologies mentales chez le cheval sont rares. Dans 95% des cas, il s'agit d'un problème de cohérence. Cepedant, il peut exister aussi quelques phobies pour certains.)
Chez le cheval, le lien entre côté psychologique et fonctionnel est important. Un cheval pas bien d'un point de vue psychologique va se mettre en sur-régime ce qui entraînera une dégradation des allures. Dans le travail, la première chose est donc de respecter son inné locomoteur en prenant en compte les points suivants :
--> peut-il évoluer aux 3 allures dans le respect de ses allures ? (Le pas : 4 temps égaux et au pire les postérieurs vont aussi vite que les antérieurs et au mieux l'impression que les postérieurs vont un peu plus vite que ses antérieurs ; le trot : 2 battues diagonales symétriques et le devant et le derrière strictement à la même vitesse ; le galop 3 temps bien marqués.) Si on constate un défaut à ce niveau (stress physique ou psychique : le 1er instinct du cheval, c'est la fuite), avant même de travailler l'attitude du cheval, on va essayer de revenir à un respect des allures
--> l'activité gamma détermine le niveau de tonus musculaire. Plus le tonus musculaire de base est bas et plus il permet la juste utilisation musculaire par rapport à un effort donné. Si cette activité gamma est trop élevée le tonus musculaire est élevé donc il existe une difficulté à relâcher les muscles. Or il faut relâcher certains muscles pour en mettre en jeu d'autres. (Si le cheval garde un tonus musculaire de base prêt à fuir, c'est plus difficile de relâcher les muscles.)

On ne peut pas parler d'éducation du cheval et de méthodes sans parler de procédés cohérents à la fois sur le plan mental et moteur. Tout exercice de travail doit prendre en cohérence l'aspect physique et mental. Cette notion de cohérence globale va aussi se retrouver dans le choix du cheval (modèle) en fonction de l'activité que l'on souhaite pratiquer.

En avant (ou en arrière) :
C'est la mobilité et les variations d'équilibre. Un cheval peut projeter son centre de gravité plus ou moins en avant.

Droit :
80% des chevaux ont un squelette dyssymétrique plus on moins compensable par la construction musculaire. Plus on s'éloigne de la symétrie et plus on a de contraintes musculo-squelettiques (usure des articulations etc.). Il convient d'avoir une harmonie musculaire pour préserver le cheval. Plus on est droit et plus le cheval peut utiliser la puissance de ses postérieurs.

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Dans le travail, on va rechercher le calme par le contact qui est une relation. On éduque le cheval pour qu'il accepte le mors et comprenne que le mors est un outil pour avancer. En effet, le mors n'est pas fait spécialement pour s'arrêter mais pour avancer : le cheval doit avancer vers son mors pour utiliser son dos.
On va ensuite s'intéresser à la cadence du cheval pour respecter son inné locomoteur sans quoi on dégrade la locomotion du cheval.
Ensuite seulement on va s'intéresser à l'attitude du cheval ce qui permettra dans un autre temps de varier l'amplitude. Et ce n'est que dans un dernier temps que l'on peut aborder le rassemblé.

Pour résumer :
J'établis la relation avec le cheval. Puis la cadence. Puis je cherche à bosser sur l'attitude du cheval (bouger les postérieurs, les hanches, la tête.. : donc être dans la maniabilité). Puis l'amplitude : étendre le cheval, varier l'amplitude. Puis revenir dans le trot de travail pour rassembler.
Selon la morphologie des chevaux, cela va être plus ou moins difficile. Par exemple, avec des chevaux courts il va falloir les étendre beaucoup et comme ils sont souvent très énergiques, ils vont être plus difficile à travailler dans la cadence (ils sont souvent en sur-cadence).

Lors du travail, on cherche à conditionner le cheval aux aides mais surtout pas aux exercices. Plus on est dans des exercices conditionnés et moins on peut être dans une construction car c'est peu évolutif (on s'enferme alors dans un schéma unique tandis qu'en conditionnant aux aides on obtient plus de possibilité de variations).

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Bon, la tête pleine de théorie, il était temps de passer à la pratique ! D'abord en main pour établir le contact :

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Puis pour certains aux longues-rênes :

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Ensuite, un repas convivial avec de bons jus locaux :

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Puis une séance montée commentée au micro par Laurent.

 

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Pour finir par une séance de longe. (et un petit goûter aussi mais chuuutttt !)

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Si cette approche vous intéresse, n'hésitez pas à nous contacter !