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L'alimentation du cheval doit être adaptée et n'être donc ni trop, ni trop peu. Cela tombe sous le sens... Oui, mais comment s'y prendre concrètement ?!?!

Avant toute chose, il est bon de connaître les particularités digestives du cheval pour mieux comprendre son fonctionnement et pouvoir s'y adapter.

Le broyage et l'humidification des aliments est le premier stade de l'absorption. L'ensalivation est très importante pour la digestion ultérieure car elle permet le maintien du pH gastrique. Chez le cheval, la production de salive est très abondante (environ 40Kg par jour). Elle passe d'une centaine de gramme par heure en dehors des repas à 5 à 8 kg par heure au cours des repas (environ 4L pour 1Kg de koin, 2L pour 1Kg de grain et 0,5L pour 1Kg d'herbe). 

Or, malgré la taille de l'animal, l'estomac du cheval est tout petit ! Il oscille entre 15 et 18L et seuls les deux tiers sont utiles (soit environ 10 à 12L). La durée du transit varie de 3 à 9 heures. La digestion gastrique est initiée par la présence de cellulose qui subit une pré-dégradation.

Si on reprend l'exemple proposé par une marque d'aliments français : 1Kg d'orge représente en moyenne 2L et nécessite 2L de salive : cela équivaut donc à 4L de volume absorbé. Les conséquences sont donc les suivantes : comme l'action de l'estomac ne porte au maximum que sur 12L divisés par 4 soit en moyenne 3L, le reste ne pourra donc pas être digéré dans l'estomac et passera directement dans l'intestin grêle ! Le rôle de l'estomac au niveau digestif est donc très réduit. Il agit surtout comme régulateur du transit. Pour profiter de la digestion de l'estomac, il faut donc obligatoirement fractionner les repas

L'intestin grêle (16 à 24 mètres de long, 64L, diamètre de 2 à 3 cm, 5 à 6 heures de transit) a une action brève mais il est le siège de puissantes sécrétions enzymatiques (environ 5L de bile et 7L de suc pancréatique). C'est dans l'intestin grêle que 50 à 70% de l'énergie de l'effort est produite. Cela concerne principalement les sucres, l'amidon  les matières grasses, les matières azotées qui sont digérés grâce à l'action des enzymes produites par le pancréas ou sécrétées par la paroi abdominale. L'intestin grêle est le lieu du meilleur rendement entre l'énergie ingérée et l'énergie transformée.

Le gros intestin arrive ensuite. Il est le siège de la digestion microbienne. La population microbienne va transformer les résidus de la digestion enzymatique au cours d'un processus de fermentation. Les sous-produits riches en fibres et en cellulose sont pour la plus grande partie digérés dans le gros intestin. Le rendement énergetique y est limité.

Dernière étape pour nos aliments : les féces ! Les rejets sont l'expression de la digestibilité des aliments. Les fibres non digestives telles la lignine sont encore présentes dans les crottins.


En pratique, pour favoriser la digestion enzymatique, il convient de fractionner les apports. Ne pas donner plus que ce que l'estomac peut contenir permet de profiter de la pré-digestion gastrique. Afin de mieux profiter de la spécificité de chaque organe, il convient de donner le fourrage avant les concentrés (granulés). L'inverse "pousserait" rapidement les concentrés hors de l'estomac et de l'intestin grêle empêchant le cheval de profiter pleinement de leurs propriétés nutritives ! (En résumé, vous achèteriez des aliments qui finiraient dans les fèces... pas très économique !)

Enfin, pour favoriser la digestion microbienne, il faut favoriser le développement de la flore microbienne et utiliser de façon importante les fourrages. Certains préconisent l'utilisation de compléments alimentaires, d'aloe vera... Cela pourra faire l'objet d'un nouvel article peut-être ?!


Bien que cet article ne soit qu'un court résumé et qu'il y ait encore beaucoup à savoir sur l'alimentation du cheval, ces quelques connaissances permettent d'adopter de bons gestes afin de partir plus sereins en balade... N'oubliez pas les photos !